Intégrer une pratique régulière de méditation dans son quotidien est très bénéfique mais n’est pas aisé. Je propose d’expliquer quelques moyens que j’ai mis en place pour dépasser certains défis qui y sont liés.

Diminution du stress et des dépendances, amélioration du sommeil, de la concentration, de la relation à soi et aux autres, atténuation des réactions d’impulsivité, meilleure connaissance de soi, etc. Beaucoup de bienfaits sont attribués à la méditation. Et, l’écho qui en est fait autour de soi et dans les médias pousse beaucoup de monde à tenter de la pratiquer. On la présente comme une pratique à adopter quotidiennement – voire même, à tous moments. Un peu comme une hygiène de vie à acquérir pour améliorer son équilibre personnel.

Une pratique quotidienne, le Saint-Graal ?

Il est vrai qu’une pratique fréquente est importante pour que ses effets puissent se faire ressentir à moyen et à long terme. La méditation est, de ce fait, connue pour être une pratique demandant une certaine discipline. Réussir à mettre sur pause le mode actif dans lequel nous sommes le plus souvent requiert un certain entrainement. Car, nous sommes soumis à une double pression – sociale, extérieure mais aussi celle qu’on se met soi-même – pour améliorer notre vie à différents points de vue (familial, financier, esthétique, etc.). Nous sommes pris par des flux de pensées continus sur ce qui s’est passé ou à propos de ce qui ne s’est pas encore produit. Dans ce contexte, créer l’espace pour ralentir notre rythme et développer la présence à soi, de façon régulière, n’est pas chose aisée pour la plupart d’entre nous. Pourtant, plus on développe cette habitude, plus cet espace peut s’installer naturellement. C’est un peu comme entrainer un muscle ou apprendre à jouer un instrument. On a besoin d’exercice régulier pour que la pratique produise ses effets.

Plus facile à dire qu’à faire

Mais adopter cette pratique dans son quotidien est plus facile à dire qu’à faire. Quand on interroge des personnes, le point le plus bloquant qui ressort est, sans surprise, le manque de temps. D’autres raisons sont aussi invoquées comme le manque d’espace adéquat, le manque de guidance, de soutien ou l’expérience insuffisante. Toutes ces raisons peuvent, à juste titre, représenter des défis. Néanmoins, il existe des solutions pour les dépasser. Voici quelques moyens que j’ai mis en place qui m’ont permis de développer plus d’harmonie dans mon quotidien au travers d’une pratique régulière.

Mettre en place un environnement calme et inspirant

Méditer – selon la définition employée en mindfulness (« pleine conscience ») – implique de poser son attention sur les phénomènes qui se déroule à l’instant présent sans saisie et avec curiosité. Quiconque, s’est déjà prêté à l’exercice, sait combien ce n’est pas évident. Ceci, dû à la nature indomptable de notre esprit sans cesse attiré par de multiples distractions. Un environnement bruyant ou distrayant, de manière générale, peut représenter un obstacle.  À l’inverse, un environnement paisible présentant peu de « perturbations » visuelles ou auditives soutiendra le développement de la concentration. Je conseille de garder cet endroit dédié à la pratique afin qu’il représente, une forme de « base », sur laquelle on peut revenir se poser. Il n’est pas nécessaire de rajouter des bougies, des statues ou autres objets assimilés de près ou de loin aux pratiques contemplatives. Le principal est que le lieu soit soutenant – voire inspirant – pour la pratique. A chacun de sentir…

Avoir le soutien de son entourage

L’établissement d’une pratique régulière impliquant d’être dans la « solitude » et dans le calme pendant un certain temps requiert la prise en compte des autres lorsqu’on cohabite. Même si cette nouvelle priorité et ce qui en découle semble évident pour vous, ce ne l’est pas, nécessairement, pour ceux qui vous entourent (à moins que ceux-ci pratiquent aussi). C’est d’autant plus difficile quand a une famille avec les obligations qui en découlent… Dès lors, il est conseillé de sensibiliser son entourage à cette nouvelle habitude en expliquant : en quoi cela consiste, ce que cela représente pour vous, ce que cela requiert en termes de respect du calme, etc.

Choisir le moment adéquat

Le moment adéquat dépend de chacun. Certains privilégieront le matin, d’autres le soir ou d’autres moments de la journée. Cela dépend des routines. Par exemple, certains profitent du matin entre le moment où les enfants sont partis à l’école et le moment où ils commencent leur journée professionnelle. D’autres préfèrent utiliser le moment de leur promenade quotidienne pour marcher en pleine conscience. Enfin, certains utiliseront le moment où tout le monde est endormi dans la maison et où toutes les activités sont, enfin, terminées pour s’y mettre. « Maintenir ce moment comme un rendez-vous journalier privilégié avec soi-même. » C’est à chacun de tester ce qui lui convient le mieux. Dans tous les cas, je conseille de maintenir ce moment comme un rendez-vous journalier privilégié avec soi-même. Pour ma part, c’est le matin avant 8h avec le lever du jour. J’apprécie beaucoup être comme un témoin du réveil de la nature et du lever du soleil. La pollution sonore dû, entre autres, aux voitures est moindre. Pratiquer le matin offre l’avantage d’infuser au reste de la journée. Je le ressens un peu comme si j’étais un musicien qui accorde son instrument pour qu’il dévoile la plus juste résonnance au début du concert. Cela dit, si on envisage la mindfulness de façon extensive, il n’y a pas de moment qui soit plus à privilégier qu’un autre pour pratiquer. On peut pratiquer à tous momens.

Établir une durée

Comme pour toute activité, se mettre un objectif permet d’augmenter les chances de l’accomplir. Pratique de petite ou de longue durée, peu importe. Ce qui compte plus, c’est, encore une fois, de développer des moyens qui soutiennent une certaine régularité. Se mettre un objectif atteignable, en terme de durée est conseillé (en veillant à ne pas être trop minimaliste, bien-entendu). Ceci, afin d’éviter de se décourager et d’abandonner. Cela dit, je conseille de méditer un minimum de 30-40 minutes par jour. Cela peut se faire en une fois ou en plusieurs fois (deux fois 20 minutes, par exemple). Je trouve qu’il est mieux de méditer chaque jour un peu que de sauter un jour parce qu’on pense ne pas avoir assez de temps.

Varier les pratiques

Un autre moyen pour maintenir une certaine régularité est de ne pas être trop routinier dans sa façon de pratiquer. La méditation de mindfulness est une pratique qui vise à développer sa curiosité envers soi et le monde. Dès lors, il est bon de rester vigilant à tout ce qui peut être là à l’instant précis lors duquel on pratique, et, qui ne l’était pas dans la pratique précédente ou l’instant précédent. Il peut aussi être utile d’alterner les pratiques : un certain jour pratiquer un scan corporel, un autre jour réaliser des mouvements en pleine conscience ou une méditation assise, …

La régularité n’est pas tout

La régularité de la pratique n’est pas une condition sine qua non à l’expérience de la méditation. Il n’y a aucune contre-indication à expérimenter la méditation lors d’une séance ou d’une retraite ou de façon sporadique. Une retraite, par exemple, peut apporter beaucoup d’effets bénéfiques sans que la méditation ne fassent, par la suite, l’objet d’une routine. D’autres questions – non développées ici- que la régularité comptent tout autant, si pas plus, pour développer un état de présence accru vis-à-vis de soi et des autres.

 

Cet article, comme les autres articles publiés sur ce blog, a pour objectif de vous informer sur le fonctionnement ou les bénéfices de la pleine conscience. N’hésitez pas à les parcourir pour en apprendre plus. Toutefois, en matière de pleine conscience, l’expérience est la meilleure porte vers la connaissance. C’est pourquoi je propose régulièrement de petites séances d’informations émaillées d’exercices pratiques. Vous trouverez ici le calendrier des prochaines séances. Au plaisir de vous y rencontrer et d’échanger avec vous.
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